Autour de la Revue Dérives #2
Le second numéro de Dérives, revue & dvd, s’est construit autour du travail de deux cinéastes contemporains : Tariq Teguia et Akram Zaatari.
Partant, à travers films et entretiens, d’œuvres singulières et des résonances que celles‐ci peuvent tisser, Dérives numéro 2 abordera différents aspects de la création contemporaine dans le contexte de sociétés marquées par l’histoire récente des guerres d’Algérie et du Liban.
Modernités plurielles, dépassement de l’histoire coloniale, subversion des représentations dominantes de part et d’autre de la Méditerranée : autant de chemins et de directions empruntés pour cette seconde dérive.
The second issue of Dérives, review & dvd, is built around the work of two contemporary filmmakers, Tariq Teguia and Akram Zaatari.
On the basis of interviews and films, singular works and the manner in which they relate to one another, Dérives number 2 deals with various aspects of contemporary artistic creation against the background of the recent wars in Algeria and the Lebanon. The drift of this issue encompasses different forms of modernity, the departure from colonial history, the subversion of reciprocal representations on either side of the Mediterranean, and the various paths and directions that they open.
Mardi 26 janvier, 20h (L’Elysée)
- AL YOUM de Akram Zaatari
(2003/France/86’)
Résultat de trois années de recherche, le film entremêle les images des archives photos, de la télévision et d’internet, dessinant le paysage mental du réalisateur aujourd’hui au Moyen‐Orient. Si ce film débute comme une enquête traditionnelle sur les traces de l’historien Jabbur et du photographe Manoung dans le désert syrien des années 50, il prend vite un tour plus personnel pour s’attacher aux articulations qui relient la production d’images et les conflits politiques. - K EXIL de Frédérique Devaux
(2008, France/Algérie, 09 min, 16 mm)
K (Exil) est au 2/3 composé d’images de femmes et d’enfants restés seuls au pays, au moment de l’exil des hommes. Dans les vues, jamais entières (soit découpées, soit morcelées en entrant dans l’image) alternent positifs et négatifs, complémentaires ou contradictoires, pour rendre sensible le déchirement des populations restées au pays et abandonnées sur une terre ingrate. Sur ce que nous nommons les « jointures », nous gravons des mots en kabyle ou en français, faisant écho aux deux voix masculines (celles de Rachid Adel et Michel Amarger).
L’ensemble se déroule sur une musique originale de M. Djamel Tareb. - K (ACUGHER/ACIMI) – K(POURQUOI/POURQUOI ?) de Frédérique Devaux
(2008, France/Algérie, 09 min, 16 mm)
K (Acugher/Acimi) (K Pourquoi ? Pourquoi ? ) est la dernière partie de la série « K ». Chaque photogramme a été posé à la main dans la tireuse puisqu’il n’y avait pas de film réalisé, mais seulement des photogrammes lors du tirage. Ils ont été placés selon la loi du hasard. Le film pose en effet la question de savoir à quoi correspond la politique algérienne vis à vis de la Kabylie complètement délaissée par le pouvoir central. N’est-ce pas un coup de poker auquel il n’y aurait aucune réponse, que la désolation et l’impuissance à comprendre ?
L’ensemble se déroule sur une musique originale de M. Djamel Tareb.
Projection en présence de François Cheval, directeur du Musée de la photographie Nicéphore Niepce, de Chalon‐sur‐Saône.
La séance sera suivie d’une rencontre autour d’un verre avec le comité éditorial de la revue Dérives.
Jeudi 28 janvier, 20h30 (Cinéma Comoedia)
Séance spéciale consacrée au cinéaste algérien Tariq Téguia
(Tarif unique : 4,50€)
- FERRAILLES D’ATTENTE de Tariq Téguia
(1998/Algérie/7’)
Ce film, essai vidéo et photo nous renvoie au chantier permanent qu’est le paysage algérien. Le film se réfère aux constructions jamais terminées, à ces fers d’acier qui bordent les routes algériennes. Réalisé en collaboration avec un graphiste et un musicien, Ferrailles d’attente est une déambulation visuelle et sonore dans le chaos architectural de l’Algérie contemporaine. - ROME PLUTÔT QUE VOUS de Tariq Téguia
(2006/Algérie/111’)
Depuis plus de dix années, l’Algérie vit une guerre lente, une guerre sans ligne de front mais ayant causé plus de 100 000 morts.
C’est ce désert que Zina et Kamel ‐ deux jeunes Algérois tantôt hallucinés et joyeux, tantôt abattus et sereins ‐ voudront sillonner une dernière fois avant de le quitter…
« Dérives est née du désir de faire connaître des films, des photographies, des créations sonores, des textes peu ou pas diffusés. Dérives propose au lecteur de se faire spectateur et au spectateur de se faire lecteur, de passer d’un rapport à l’autre.
À chaque numéro de la revue et DVD, nous dérivons à partir d’un point donné. Le premier numéro avait trouvé son point d’ancrage dans l’ œuvre du cinéaste Jean‐Claude Rousseau, celle‐ci nous ayant conduit à une réflexion sur l’Image.
Le site internet, partie intégrante du projet éditorial, est régulièrement mis à jours avec des résonances, des documents et la diffusion de textes, films essais, créations sonores et photographies proposés en ligne par les auteurs.»
Le numéro 2 de la revue Dérives sera en pré-vente sur le Festival.

