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Cycle Stephen Dwoskin

Stephen Dwoskin, The sun and the moon En préfiguration du numéro 3 de la revue Dérives autour de Stephen Dwoskin, deux programmations inviteront à découvrir l’œuvre dense et singulière de ce cinéaste majeur.
Lié à l’ »underground » New-Yorkais, ayant élu résidence à Londres et auteur de plus de quarante films, Stephen Dwoskin n’a cessé d’explorer le réel du cinéma.
Depuis presque un demi‐siècle, il sonde inlassablement le rapport au modèle, au désir et au mouvement des corps. A travers ses films, il convoque le spectateur à partager l’intensité du regard ‐ le sien ‐ et à pénétrer au plus près de la relation à l’autre.

Dérives, a review devoted to cinema and the visual arts, presents here a programme of Stephen Dwoskin’s films. The third edition of Dérives, to appear later in the year, will be centred around his work.
For over half a century, Stephen Dwoskin has tirelessly investigated his relationship to the model, to desire and to the body in motion. His films are an invitation to the spectator to share the intensity of a gaze – his gaze – and an exploration of the relationship to the Other.

Vendredi 29 janvier, 20h (L’Elysée)

  • MOMENT de Stephen Dwoskin
    (1968/couleur/12’)

    « Chez Stephen Dwoskin, l’enregistrement en temps réel affirme l’irrémédiable opacité de ce qui s’offre pourtant au visible. Son Moment (1968) répond au Blow Job de Warhol (1964) : c’est un plan séquence de dix minutes sur le visage d’une jeune fille dont on suppose qu’elle se masturbe. Son orgasme, pour être effectif, n’en reste pas moins plongé dans la durée comme dans une sorte d’obscurité expressive congénitale à l’être et dont le cinéma traditionnel a pour vocation, avec ses conventions rhétoriques, de nous protéger. »
    (Nicole Brenez)

  • DAD de Stephen Dwoskin
    (2003/couleur & N/B/15’)

    « Une ode à mon père et peut‐être à tous les pères. Ce film, nommé tableau‐mobile par ma sœur, mêle des images tournées par la famille de mon père lors de sa jeunesse puis d’autres où il apparaît plus âgé. Il s’attache aux petits gestes de la vie quotidienne et les transforment en extraordinaires moments de tendresse et de respect. Un segment de la trilogie à la mémoire des bien‐aimés. »
    (Stephen Dwoskin)

  • BEHINDERT (HINDERED) de Stephen Dwoskin
    (1974/couleur/96’)

    « Pour moi, c’est plus un journal intime sur ma relation avec Carola Régnier. J’ai essayé d’y mettre un maximum de choses que nous avions vécu ensemble. »
    (Stephen Dwoskin)

Vendredi 29 janvier, 23h (L’Elysée)

  • PAS DE CIEL de Téo Hernandez

    (1987/couleur/29’)

    «Spécialement réalisé pour les premières rencontres Danse / Image de Châteauvallon, ce film résulte de la rencontre, de la confrontation, puis de l’accord presque miraculeux entre la caméra légère et violente de Téo Hernandez et le danseur‐chorégraphe Bernardo Montet en pleine improvisation. Un corps entre mer et ciel, la présence silencieuse du vent, quelques oiseaux: les éléments d’une mythologie fondamentale changés en abstraction lyrique.»
    (Dominique Noguez)

  • SMOOTH de Catherine Corringer

    (2009/couleur/23’45)

    «Voyage dans et sur les corps, il réinvente autrement, littéralement, la naissance et la sexuation.»

Samedi 30 janvier 2009, 22h (L’Elysée)

    Stephen Dwoskin, Trixi
  • TRIXI de Stephen Dwoskin
    (1969/couleur/30’)

    «Ce film, qui fut tourné durant une séance unique de huit heures, met en œuvre, et de manière extrêmement violente, une sorte de passation de pouvoir entre filmeur et spectateur. Sur l’écran, une femme se donne littéralement aux regards. Jusque‐là, ces images ne seraient que de tristes images pornographiques softs. Ce qui change tout, c’est que Dwoskin « répond » à ce regard en affirmant qu’il lui est bien destiné : recadrages, zoom avant et arrière, plans rapprochés ou plus larges. Nous ne pouvons assumer la place de destinataire, accepter l’invitation, y répondre. Sensation troublante de ne pas être à notre place, d’avoir pris la place d’un autre, de regarder par‐dessus son épaule. »
    (Aline Horisberger)

  • THE SUN AND THE MOON de Stephen Dwoskin

    (2007/couleur/60’)

    The Sun and the Moon, conte de fée cinématographique, raconte la rencontre terrifiante de deux femmes avec « l’altérité » qui prend la forme d’un homme, abject et monstrueux. Elles doivent soit témoigner, soit accepter et participer à son annihilation. Tous sont prisonniers de leur propre isolement et ont peur de la menace qui doit être affrontée. Ce film, interprétation personnelle de La Belle et la Bête, concentre préoccupations, croyances et désirs au sein d’images séduisantes qui ouvrent la possibilité de faire entendre de rudes vérités.

  • DREAM HOUSE de Stephen Dwoskin

    (2009/Installation)

    Installation inédite en France.
    Après les projections, la salle de l’Elysée se métamorphose : les fauteuils sont retirés, deux écrans supplémentaires tombent, les spectateurs déambulent entre les images.
    Une occasion rare d’apprécier le travail de Stephen Dwoskin dans le contexte du cinéma immersif.

A propos de Stephen Dwoskin…

Caméra-relation
Stephen Dwoskin est né le 15 janvier 1939 à New York. Son grand-père russe était danseur et voulait que Stephen le devienne également.
A l’âge de neuf ans, Stephen Dwoskin est atteint de la poliomyélite. Ses déplacements deviennent difficiles et demandent désormais une aide appareillée.
A l’hôpital, il commence à peindre pour illustrer des livres. En sortant, il débute la photographie puis étudie le design et la peinture.
Le cinéma viendra plus tard, en 1961, lorsque Stephen Dwoskin filmera les pieds de sa femme et réalisera son premier film, Asleep.
L’immobilité physique du cinéaste va donner forme à son cinéma. A l’aide de la caméra, il va explorer l’espace qui l’entoure et se déplacer avec les yeux. Chez Stephen Dwoskin, le désir du film est souvent le désir de la rencontre avec l’autre. Il réalise ses films avec ce qu’il nomme les « performeurs ». Des personnes qui ont accepté, par un contrat avec lui, de prendre le risque du cinéma.

Ce que fait le temps
« Pour moi, faire des films c’est éprouver cette même excitation devant la vie,
quand bien même la mort rôderait autour, en ricanant. »

Stephen Dwoskin

Stephen Dwoskin cite volontiers les soliloques de James Joyce comme inspiration fondamentale pour sa démarche.
Ses films donnent souvent à voir un processus où le regard insistant du cinéaste, travaillant avec le temps (Moment, Trixi, Behindert), guette les changements de ses performeurs, le moment d’abandon qui ouvre de nouveaux espaces pour le filmeur et le filmé (ou plutôt la filmée).
Une expérience où il est question de relation, de liberté, et de ce qui échappe au contrôle.

Le programme présenté propose des œuvres d’époques différentes et de facture variée, en pellicule 16mm et en vidéo, que Stephen Dwoskin pratique depuis le milieu des années 90. La découverte de la vidéo légère a donné un nouveau départ à son cinéma. Là où l’écoulement du temps « réel » a été au centre de ses films jusqu’alors, la malléabilité numérique lui a permis de nouvelles explorations (The Sun and the Moon), pour créer un temps plutôt mental, à partir d’images superposées ou juxtaposées. Par ailleurs, il s’est aussi penché sur ses archives et sur celles de sa famille, tissant avec elles des œuvres de réminiscence (Dad). Une installation sur trois écrans (Dream House) réunit des chutes de ses films récents pour peupler la maison du cinéaste.
Nous avons voulu pratiquer deux premières dérives à partir de cette sélection des films de Stephen Dwoskin. Nous nous sommes souvenus de quelques films de Téo Hernández, de sa caméra si mobile et désirante. Ainsi nous présentons Pas de ciel, qu’il a réalisé avec le danseur et chorégraphe Bernardo Montet. Aussi, on nous a parlé de Catherine Corringer, de ses films autour de rituels corporels et sexuels qui travaillent le trouble dans le genre. Nous projetterons donc son dernier film Smooth.

www.stephendwoskin.com
www.derives.tv
www.luxonline.org.uk

A propos de Téo Hernandez :
Né au Mexique en 1939, décédé prématurément à Paris en 1992, Téo Hernández est l’une des figures majeures de l’école du corps en France dans les années 70.
Son œuvre prolifique et protéiforme, tournée principalement en super 8, est empreinte de mysticisme baroque et d’une attention voluptueuse au corps masculin.
(source : Centre Pompidou)

www.derives.tv

A propos de Catherine Corringer :
Comédienne de formation, Catherine Corringer réalise des films depuis 2005. « Son cinéma sensuel se construit ainsi, de manière expérimentale, (…) créant, inventant, explorant de manière créative l’art des désirs au féminin, un art charnel. » (Jackie Buet).

www.catcor.net

About Stephen Dwoskin…

Camera-relation
Stephen Dwoskin was born on January 15th 1939 in New York. His Russian grandfather was a dancer, and wanted Stephen to follow in his footsteps.
At the age of nine, Stephen Dwoskin contracted polio. He now needed mechanical appliances in order to move about,.
While in hospital, he began to paint book illustrations. When he was released, he started taking photographs and subsequently studied graphic design and painting.
He discovered cinema somewhat later, and shot his wife’s feet while she was sleeping. This first film is called
Asleep.
His physical immobility has largely contributed to the form his cinema has taken. Using the camera, he explores the space around him, moving with his eyes. Stephen Dwoskin’s desire to film is very often a desire to encounter the Other. He makes his films with what he terms as his ‘performers’: people he has convinced, by virtue of a personal contract, to take a risk on cinema.

What time does
« To me, making films is feeling the same kind of excitement for life, even if death is hanging around, sniggering. »
Stephen Dwoskin, quoted by Maureen Loiret

Stephen Dwoskin willingly quotes James Joyce’s soliloquies as a major inspiration.
His earlier films often reveal a process during which the filmmaker’s insistent gaze, working in time, attempts to detect the changes occurring in his performers, the point of self-abandon which opens new spaces for the person filming and the person filmed, who is generally female.
An experience of relationships, liberty and that which escapes control.
The programme includes works from different periods and of various styles, on film and on video. The discovery of lightweight video, which Stephen Dwoskin has been using since the middle of the 1990s, gave new impetus to his work. Whereas « real » time was very much at the centre of his work up to this point, digital malleability has provided the possibility for new explorations (
The Sun and the Moon), to create a kind of mental time, using superposed and juxtaposed images. He also began to pore over his own and his family’s archives, using them to weave works of reminiscence (Dad). A three-screen installation (Dream House) brings together out-takes from his recent films, filling his house with people.
As Dérives’s nature is to drift, we propose two detours around this selection of Stephen Dwoskin’s films. We were reminded of Téo Hernandez’s films, and his mobile camera as instrument of desire. This led us to
Pas de ciel (Skysteps), which he made with the dancer and choreographer Bernardo Montet. We had also heard tell of Catherine Corringer and her films on bodily and sexual rituals, which have a tendency to cause a little gender trouble. And so we came to her latest film, Smooth.

www.stephendwoskin.com
www.derives.tv
www.luxonline.org.uk

About Téo Hernandez :
Téo Hernández was born in Mexico in 1939 and died prematurely in Paris in 1992. He was one of the main figures in what is known in France as the « school of the body » in the 1970s.
A prolific and wide-ranging filmmaker, his work was mainly shot on Super 8mm. It is steeped in Baroque mysticism, paying voluptuous attention to the male body.

www.derives.tv

About Catherine Corringer :
Catherine Corringer trained as an actress, and has been making films since 2005.

www.catcor.net